Grand Royaume de Livadia
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le Dim 2 Juin 2019 - 0:11
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Dernière édition par Livadia le Sam 8 Juin 2019 - 21:00, édité 1 fois
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le Dim 2 Juin 2019 - 0:25
Vaincre ou mourir à Livadia - Avril 1917, Lev Poromchenkine, 1982, Presses Universitaires de Livadia, 264 pages

Quatrième de couverture : Le récit poignant de la bataille la plus meurtrière des Guerres d'Orient. Le récit de la Chute !

Epilogue de la dernière Guerre d'Orient, le choc de Livadia a coûté la vie à près de cent mille hommes. Sacrifice immense pour Livadia, comme pour la Russlavie, c’est dans la Ville, au printemps 1917, que le Royaume a été anéanti. Poromchenkine a reconstitué les grandes étapes de cette bataille charnière.
C’est d’abord, pendant le printemps 1917, la fracassante offensive des armées d'une thalassocratie alors au sommet de sa puissance. Puis vient aussi subitement la défaite, et la lutte pour le Lazournaia, champs après champs, hameaux après hameaux. C’est ensuite la déroute, la destruction de la Grande Armée Livadienne, réputée invincible ; et enfin, le terrible tableau de l'annihilation de Ville et de la captivité des soldats et civils dans les camps de Sivérie...

Ecrivain et historien , Lev Poromchemkine a interrogé des centaines de survivants de la bataille et a mêlé le récit de leurs incroyables expériences à la trame de documents jusqu’alors restés inédits. Son livre a connu un succès retentissant à sa sortie, il a permis aux Livadiens, de vivre dans leur chair les terribles évènements de 1917 qui décidèrent de toute l'histoire du siècle mais aussi de leur présent et de leur avenir.
*****

Dans les sous-sols du Palais de Livadia :

Nikolaï Ier de Livadia fronçait les sourcils sur les grandes cartes de l'Orient déployées devant lui par ses généraux.

- Sire, nous avons débuté la mobilisation générale. nous aurons cinquante mille hommes sous les armes dans deux jours. Le peuple est prêt. C'était une bonne chose que d'entretenir la combativité latente des nôtres. Toutefois, nous pouvons dès ce soir lancer nos escouades de choc sur les points névralgiques.

- Faites! Et que les Dieux nous rendent les armes favorables.

Dans la minute qui suivit, plusieurs avions bourrés de soldat du LIV Régiment décollèrent. Les paras sautèrent sur les centres du pouvoir à Svetivostok, Verstinkia et Lisitcha. La nuit étant tombée, les soldats défoncèrent les portes des palais provinciaux et cueillirent des hauts fonctionnaires ensommeillés. D'autres équipes prirent le contrôle des postes de gendarmeries, de police ainsi que les principaux journaux et radios.
Partout l'action se faisait au nom du tsar, en haine de l'usurpateur Klausburgski. Les Livadiens se disaient mander par le tsar. On dissimulait soigneusement les vrais commanditaires de l'action de même que son but premier.
Des fiches avaient été soigneusement rédigés sur les hauts-fonctionnaires russlaves. On supposait que certains rejoindraient Klausburgski. Aussi, sans autre forme de procès, on les tua dans le feu de l'action. Trois cent soutiens de Klausburgski furent assassinés dans la nuit.
Au matin, Svetivostok, Verstinkia, et Lisitcha étaient tenus par les Livadiens sans que la population sache réellement ce qui se passait. Les forces de garnison étaient ralliés -elles étaient peu nombreuses, le départ des troupes édoranaises n'ayant guère été compensé- Quant à la flotte de Svetivostok, elle était quasiment sous contrôle. Elle était déjà gangrenée par les Livadiens qui manœuvrait de concert depuis un moment. Quelques morts ciblés et de nombreux pots de vins convainquirent les récalcitrants.

Au matin, on enverrait les régiments livadiens occuper durablement ces objectifs. Les autres villes suivraient. Une fois la province conquise, on promulguerait quelques décrets pour s'assurer le soutien de la population, puis on lèverait une armée avec pour objectif de détruire Klausburgski et d'accroitre au maximum le Royaume de Livadia.

***

Le Palais des Terems était endormis lorsque le Régent fut tiré du projet de rénovation de la Bibliothèque impériale sur lequel il travaillait depuis plusieurs heures déjà après une après-midi consacrée à la gestion de la politique économique du pays. Le Colonel Prince Bolkansky, son aide de camp, vint le ramener aux réalités politiques de l'Empire et à la précarité de son pouvoir dans les marges de l'Empire :
- Votre Altesse, l'Orient est attaqué !
- Les Valdisks ?
- Non Monseigneur, les Livadiens !
- Quoi ?!

Klausburgski, comme vissé à sa chaise de travail resta le souffle coupé. C'était une trahison, un coup de poignard dans le dos. Son vieil ami le Roi de Livadia, celui  dont il avait confirmé la royauté, qu'il avait fait recevoir avec les honneurs dus à son rang de Majesté dans les cours royales de Zollernberg & de Russlavie venait de trahir ses engagements à l'égard de la Russlavie, à l'amitié et à l'honneur. Fronçant les sourcils, le Prince-Régent reprit.
- Faites convoquer l'état-major général ! Je pars ce soir pour Kallingrad !

Quelques instants plus tard, arborant l'uniforme de campagne de Général Feld-Maréchal des Armées, son uniforme, jetant aux latrines les insignes de Grand-Officier de l'Ordre royal de Livadia qu'il avait reçu du Souverain félon, il vint jusqu'à la chambre de son épouse, la Princesse Royale de Zollernberg, à laquelle il fit ses adieux, puis salua ses filles, les Princesses Louise et Eugénie, toutes deux endormies. Ce soir, Klausburgski partait en guerre contre un vieil ami. Qu'importe, d'amitié il n'y avait plus. Poussé par la rancœur de la trahison, une seule idée obsédait son esprit : "Livadia delenda est !"

***

Les décisions de l'état-major général furent rapide. Les ordres partait en direction de Kalingrad, poste avancé de l'Orient, vers le gubyernya d'Orient, en télégraphe doublé d'un de ces fameux courriers du Tsar

Mobilisation général de l'Armée d'Orient STOP Permissions annulées STOP

Un autre plus important encore partit vers Svetisvostock, à l'attention de l'Amiral commandant la Flotte

Tentatives de séditions STOP Gardez le contrôle de la Flotte STOP

La gare de Murasibirsk fut sortie de la torpeur de la nuit murasovite par des régiments de soldats partant pour l'Orient, le Prince-Régent les accompagnait, il entendait commander à ses troupes.

***

Le Général Golenichtchev commandait les quelques milliers de soldats de Bielnost. Dans la nuit, il avait été tiré du lit par son aide de de camp. La situation était asse confuse. Il semblait que des éléments militaires livadiens aient mené des opérations militaires d'envergure pour défendre les droits du tsar. Golenichtchev soupira. Il mit ses troupes en alerte et choisit d'attendre. Il s'agissait de choisir le bon camp, c'est-à-dire le camp des vainqueurs, et ne pas se faire couper le cou.

***

Le 8e corps d'armée, soit près de 112 000 hommes s'enfonça en Orient au petit matin, se scindant en trois colonnes, l'une vers Verstinskia, l'autre vers Lisitcha, la troisième vers Svetivostock. Le canon lourd et la baïonnette, mieux que de longs arguments parviendrait à montrer la légitimité du pouvoir en place à Murasibirsk.

Le 7e corps d'armée, soit près de 87 000, se dirigeait vers la péninsule de Lazournia. Aux hommes du général Golenitchev, on demanda de constituer une tête de pont.

On entrait en Orient, comme dans du beurre, le dispositif serait en place au matin.

Déjà la Flotte d'Alexandrovskoie, constituée de quinze cuirassée dépêché en urgence, était en vue de Livadia, constituant le blocus de la ville, prêt à abattre sur elle le feu russlave.

***

Nikolai dormait profondément. Ce fut le soleil qui en entra dans la chambre royale réveilla le couple. Le roi se leva et suivit son rituel du réveil quand son aide de camp demanda à être reçu. Le Roi était demandé de toute urgence par l'état-major.

Quelques dizaines de minutes plus tard, le Roi se retrouvait face à ses généraux, livides, qui faisaient un rapport de situation.

- Sire, voici le point à huit heures. Toutes nos unités aéroportées ont rempli leurs objectifs. Nos escouades de choc tiennent les points névralgiques du pouvoir dans la province. La flotte de Svetivostok est partiellement rallié à notre cause. Des navires ont quitté le port sans doute pour se rallier à l'ennemi. Toutefois, il y a plus ennuyeux. L'ennemi a réagi avec une vivacité à peine croyable.

Le général Kaljulaid dessina sur la carte de l'Orient deux flèches rouges. La première se scindait en trois vers des objectifs mineurs mais la deuxième allait droit vers le Lazournaïa.

- L'ennemi a pu mettre en branle deux corps d'armée soit près de deux cent mille hommes. Un corps marche vers Livadia. Au vu de notre mobilisation, nous avons pu rassembler cinquante mille soldats qui se regroupent en ce moment aux environ de Bielnost pour barrer la voix à Klausburgski. J'ai pris sur moi d'annuler les départs de troupe vers Verstinskia et Svetivostok pour défendre le Royaume. Des rapports nous indiquent que la flotte d'Alexandrovskoie navigue vers la Ville. La partie s'avère délicate.

Nikolaï réfléchit. Il avait tenté d'autres coups de poker qui avait toujours réussi. D'abord rassurer les siens, ensuite frapper l'autre.

- La situation est favorable. L'ennemi a réagi rapidement car ces deux cent mille hommes étaient prêts à nous attaquer. Nous avons forcé l'ennemi à dévoiler son jeu. Il fallait bien prendre les devants.
Dites à notre flotte de tenir le golfe de Lazournaïa. Envoyez la flotte de Svetivostok détruire celle de Klausburgski. Je vais prendre la tête de l'armée. Rappelez nos paras !

Une heure plus tard, le Roi rejoignait ses troupes à Bielnost. Ses hommes étaient galvanisés persuadé qu'il les mènerait à la victoire, mais cette fois-ci Nikolaï était inquiet ...

***

Le 7e corps était annoncé en gare de Bielonost. Quelle ne fut pas le surprise du Général Smirnov commandant le corps lorsqu'il vit le Général Golenitchev enfermé dans Bielonost. Smirnov était un vétéran de toute les guerres modernes de la Russlavie, s'étant illustré dans sa jeunesse contre les Turcoses sous les ordres du Grand-Duc Nikolaï Andronikovitch. Sous son commandant on comptait : le 16ème Régiment de cavalerie soit 10 000 cosaques, les 112e, 113e et 114e divisions d'infanterie, soit 60 000 fantassins et enfin, les 31e et 32e brigade d'artillerie comptait chacune 7 500 hommes, 250 pièces d'artillerie conventionnelle et 50 pièces d'artillerie.

Général, l'Etat-Major général vous avait demandé de constituer une tête de pont prélude à la prise de position de mes hommes sur la péninsule de Lazournaia, et vous au lieu de faire claquer l'étendard russlave au vent, de marcher vers le Livadien, vous restez tel un couard dans votre forteresse.

Devant les explications alembiqués du général, Smirnov s'interrogea :

- Seriez-vous un traité Golenitchev ? Je vous ai à l'œil. Je laisse la 114e division d'infanterie en réserve. Nous prenons pied dès ce soir dans la péninsule de Lazournaia afin d'en bloquer la sortie. Le poste frontière fut franchit par quelques escadrons de cosaques envoyés en éclaireur. Le douanier pendu, il payait pour son maître félon. On lui coupa la langue afin de là lui ficher dans le cul, juste pour rire (humour cosaque) puis on brûla quelques villages, dont on viola les femmes, et passa les hommes au fil de l'épée. C'était là un avertissement. Puis on se retira plus en arrière, 50 000 hommes semblaient foncés sur Bielonost, il n'y parviendrait pas. Les quelques 85 000 hommes de Smirnov se tenait prêt pour la bataille.

Plus au Nord Verstinkia et Lisitchia étaient reprises. On décima leurs garnisons : un soldat sur dix fut passé par les armes. Les prisonniers de guerre livadiens furent exécutés, sommairement, au canon à mitraille. Il ne devait y avoir de pitié pour les félons. Livadia serait un exemple. Elle expierait dans le sang et les larmes sa trahison, afin qu'aucun autre vassal de l'Empire n'ose la rébellion.

A Svetivostock les combats furent plus aisés. L'amiral commandant la flotte eut le bon sens de faire intervenir ses fusilliers-marins, livrant les apprentis mutins à la pendaison. La capitale de l'Orient était sous contrôle, un couvre-feu imposé à sa population. La même décimation fut imposée à sa garnison. La flotte de l'Orient restait sous le contrôle des Tsars

En mer la Flotte d'Alexandreskoïe se repéra grâce aux quelques feu de joie de village livadien réduit en cendre. Arrivée face au Golfe, les navires russlaves bloquèrent la sortie de la flotte livadienne. Surprise par un déluge de feu, croyant voir la flotte de Svetivostock qui ne viendrait plus, elle fut anéantie sans avoir manoeuvrée. La Ville, l'orgueilleuse, l'impétueuse cité qui avait osé braver le pouvoir des Tsars était à la merci des canons russlaves.

***

Arrivé à proximité de Bielnost, Nikolaï rejoignit son armée et lut les premiers rapports. Il manqua d'en tomber de son siège. Les cosaques avaient massacré d'innocents moujiks russlaves ! Assurément, les Russlaves s'étaient déjà cru en Lazournaïa. Mais comment pouvaient-il s'être trompés à ce point ? Ne savaient-ils pas que l'armée livadienne s'était positionnée entre Bielnost et le Lazournaïa ? Imbéciles de russlaves songea Nikolai, ne suis-je pas plus digne qu'eux pour régner ?
Toujours était-il que l'armée impériale était à proximité, déchaînée, et prête à tout. Aussi, il donna l'ordre prudent de vider le Lazournaïa de ses habitants pour les mettre à l'abri derrière les fortifications de Livadia.

Nikolaï rejoignit les avants-postes de l'armée ....Et le tigre blanc de l'Orient déchaîna un ouragan de feu et de fer, laissant derrière lui un sillage de destruction.

Sans attendre les renforts, le Roi fonça avec dix mille hommes motorisés dans la plaine de Bielnost. On tomba sur quelques escadrons de cosaques que l'on massacra avec des raffinements de cruauté. Puis l'on surprit la 112e et la 113e en plein déploiement. Fantassins, cavaliers, blindés foncèrent sur la masse ennemie, usant indifféremment et abondamment d'obus, de balles de fusils, de grenades, et de coups de baïonnettes. La gauche russlave fut emboutie, enfoncée, massacrée. Au centre, le gros de l'armée livadienne prenait position et effectuait une poussée sur toute l'armée de Klausburg qui menaçait de s'effondrer. Les premiers paras, rescapés de Svetivostok et Verstinskia, arrivaient et plus déchaînés que les autres lançaient leurs blindés dans la foule des fuyards russlaves avec des vociférations de joie !

- Les dieux sont avec nous ! Tuez-les tous ! hurlait le Roi qui n'était pas en reste.

A Livadia, la situation était tout autre. Avant de partir, Nikolai avait confié le gouvernement des affaires à son épouse la Reine Ludmilla. Et il lui avait dit la vérité. Livadia ne pouvait gagner cette guerre. Il avait méjugé Klausburgski et l'armée russlave. Toutefois, si l'on saignait à blanc l'armée russlave, l'on pourrait éviter le pire et notamment le sac de la Ville. Aussi, il lui avait conjuré de fuir avec les trésors de la Ville jusqu'à ce que la situation se calme.

Au petit matin, le bateau qui, ironiquement, était le NML Ludmilla s'était glissé hors du golfe de Livadia. Il emportait dans ses cales tout ce que l'on voudrait sauvegarder au cas-où la Ville tomberait, c'est-à-dire l'immense trésor royal, fruit de l'époque où Livadia rackettait tout l'Orient, les chefs d'oeuvre artistiques du Palais, les insignes royaux, les reliques de Zaint-Conrad et la reine elle-même. Alors que les vaisseaux russlaves approchaient, le NML Ludmilla doublait déjà le Svalbord et filait vers une terre lointaine où des marchands livadiens tenaient un comptoir, une île loin de tout, dépeuplé et en proie à l'anarchie, une île qui serait son refuge pour un temps: l'Ardanie.

Alors que ce vaisseau filait, les quelques vaisseaux de Svetivostok et la flotte livadienne quittèrent le golfe pour se mesurer à l'escadre russlave. Le combat fut bref mais intense, les livadiens firent ce qu'ils purent mais face àla supériorité numérique de l'ennemi, ils durent retraiter la rage au ventre non sans avoir subi de lourdes pertes.

Déjà de lourds obus s’abattaient sur les belles avenues et les belles demeures de cette cité qui allait être prise après avoir prise toute la Russlavie.

***

Le Prince Klausburgski, au côté de Smirnov, regardait l'armée russlave se déployer. La percée des Livadiens fut une surprise. Il ne fallait pas perdre l'avantage. Le Régent s'engouffra dans la bataille, là où le feu était le plus vif, aussi bon tacticien que stratège, il remobilisa un régiment et permit à la 112e et la 113e de se replier en ordre, galvanisée les troupes livadiennes avancèrent trop imprudemment certainement, alors que leur avant garde était déjà au choc avec la 114e resté en réserve et ce qu'il resta des 112e et 113e, le centre de l'armée livadienne étaient pilloné par l'artillerie russlavie, gardé par deux bataillons d'infanterie restés en réserve. Alors que les escadrons de cosaques ayant échappés aux premiers chocs harcelaient l'arrière-garde. Les Russlaves venaient de toute part. L'armée livadienne submergé se désagrégea sous les chocs répétés des fantassins et des cavaliers du Tsar. Le roi, mu par l'énergie du desespoir, au côté d'un dernier carré de fidèle se battit comme un lion avant de succomber à ses blessures. La mort au champ d'honneur, tel était la fin glorieuse de celui qui avait fait trembler l'Orient et vaciller l'Empire des Tsar.

Sur la côtes, les épaves de navires livadiens s'engouffrait dans le Golfe emportant avec eux leurs marins. Livadia connaissait un déluge de feu, partout les incendies se déclaraient causés par les bombes incendiaire, rien ne fut épargné, la capitale de l'impétueuse thalassocratie n'était désormais plus qu'une vallée de larmes, loin des veillés d'armes qui jadis avaient menacées l'Empire. Les arsenaux qui avaient fait la gloire de Livadia étaient livré aux flammes. Le Palais, chef d'œuvre de l'architecture orientale s'émiettaient sous le fracas des bombes. La Ville ne serait bientôt plus que cendre.

Au petit matin la plaine de Lazournaia étaient jonché de cadavre, le drapeau russlave flottait sur le champ de bataille. Les infirmiers militaires russlaves soignaient les blessés de l'un et l'autre camp, ceux épargnés par les soldats qui hantaient le champ de bataille afin de piller les cadavres et d'achever les blessés. Le prince Klausburgski, entourés de ses cosaques du Don, ceux du capitaine Muraski, fidèles parmi les fidèles, fut attiré par la clameur de `cosaques avinés jouant au dé le riche uniforme de celui qui semblait être un général livadien. Non comptant de dépouillé le cadavre, il s'apprêtait à le mutiler avec un raffinement dont seul les descendants des hordes du Khan avait le secret. Il s'agissait de couper le pénis afin de l'introduire dans un trou, ou si l'on avait du fil, le coudre à la place du nez. Les soudards s'était mis d'accord pour accomplir ce dessein lorsque le Prince Klausburgksi s'approcha et Il reconnut sous les traits du général le Roi de Livadia, son vieil ami. Il interrompit l'humiliation post-mortem :

- Messieurs, halte !

Se rappelant de l'amitié qui l'avait lié au roi défunt, les yeux rougit de larmes, il poursuivit :

Cette dépouille est celle du Roi de Livadia. J'entends qu'elle soit traité avec les honneurs et la déférance dus aux Majestés ! Ordonnance, faites préparer un escadron d'honneur, afin d'escorter la dépouille mortuaire jusqu'à Livadia. Au passage du cortège, que les honneurs militaires lui soit rendu par tous les hommes sous l'uniforme russlave

***

L'armée livadienne, celle qui avait terrorisé l'Orient était en déroute. Il n'y aurait pas de prisonniers, les fuyards finissaient transpercés par les lances des cosaques qui tels des charognes attaquant une proies blessées s'attaquait aux soldats en déroute. Le 7e corps d'armée, s'enfonça dans la péninsule, les villages étaient vidées de leurs occupants venus se réfugier derrière les enceinte de la Ville.

Le temps étaient aux représailles, si l'on croisait un fonctionnaire royal, il était passé par les armes. Il n'avait la vie sauve qu'au cri de "Vive le Tsar", mais il n'échapperait pas au châtiment que Klausburgski avait prévu pour le peuple maudit de Livadia : la déportation en Sibérie.

Rien ne serait épargné au nom de Livadia jusqu'à la subversion totale de la Ville. On parvint sans peine aux faubourgs de la Ville. Face à des remparts semblant inexpugnable pour la simple piétaille. On ordonna le siège.

***

La bataille avait été sanglante et les pertes énormes. Les Livadiens se battaient comme des tigres mais les Russlaves, hélas, comme des lions. Et puis, il avaient l'avantage du nombre. Aussi le général Kaljulaid comprit-il très vite que la bataille serait la pire défaite livadienne de tous les temps. Le Roi semblait penser de même, il avait donné le commandement suprême au général, et menait le combat comme un simple capitaine à la tête de sa compagnie des Gardes Livadiennes.

Quatre heures après le début de la bataille, Kaljulaid donna l'ordre du repli. Son armée était en train d’être massacrée, or il en aurait besoin pour garnir les murs de la Ville. Dans de telles conditions, la retraite ne pouvait être que très délicate, et elle se transforma rapidement en déroute. Les Gardes Livadiennes, seules unités encore constituées, couvraient le repli mais en de nombreux points, les cosaques s'infiltraient et sabraient les fuyards. Les Livadiens n'avaient désormais que pour seul objectif que de faire le plus rapidement possible la centaine de kilomètres qui les séparait de Livadia. Leur but suprême, leur Graal avoué était de courir sans s'arrêter jusqu'à être en sécurité derrière les épais murs de la Ville.

L'état-major fuyait dans ses puissantes automobiles ramassant des fuyards au passage. Au détour d'un virage, Kaljulaid aperçut la ville et elle était rouge et plongée dans la pénombre. Rouge de ses incendies qui achevaient de se consumer. Le cœur serré, il rentra en Ville. Les arsenaux, le Palais, les avenues, tout était défoncé. Dieux merci, les remparts étaient intacts, et l'ordre public assuré, mais la population était en proie au désespoir, affolée par la dernière rumeur : le Roi est mort, la Reine est partie.

Le général rentra dans l'hôtel Ostwald. Les autorités civiles et politiques du Royaume étaient présentes. Le Chancelier parlait déjà gravement.

- C'est confirmé. Le Roi est mort. La nouvelle nous a été donné par l'état-major russlave. Les honneurs militaires ont été rendus à sa dépouille et elle va nous être rendue …. Messieurs, le Roi est mort, vive le Roi Lev Ier ! La Reine est à l'abri. Monsieur le Général Kaljulaid, la Reine vous a donné tout pouvoir pour gouverner.

Le commandant de la garnison de Livadia y allait de son commentaire

- La situation est tout bonnement catastrophique. Livadia brûle. Notre flotte n'est plus et … -Un sifflement l'interrompit, tous rentrèrent leur tête dans leur épaule, et l'on entendit une explosion au loin- … et nous subissons un feu roulant en continu.


Un beau et jeune officier à l'uniforme roussi et déchiré arborant les insignes des Gardes Livadiennes -il devait être à la bataille de Bielnost- déclara

- Le flot des fuyards semble s'être tari. Des cinquante mille soldats que nous avions encore hier soir, nous n'en disposons plus que de vingt mille. Et encore ces hommes sont fourbus, ils ont jeté leurs armes pour courir plus vite, ils sont psychologiquement anéantis. Nous avons perdus tous nos tanks, toute notre artillerie de campagne …

Le Général prit la parole.

- Nous avons perdu cette guerre. Ce qui compte désormais, c'est de sauver des vies humaines, mais aussi l'Etat, le Royaume, notre indépendance. Garnissez les murs de la Ville, et faites donnez l'artillerie sur les navires et les russlaves, je vais demander la paix à Klausburgski.

Le mot était lâché, et tous l’accueillirent avec soulagement. Tous se retirèrent. Le général alla dans ses appartements privés, il posa la casquette sur son bureau et mit sa tête entre ses mains. Jeune officier, il avait été de ceux qui avaient mis à sac et brulé Svetivostok. Il s'en souvenait comme si c'était hier. Il avait alors pleuré, et les jeunes officiers qui l'entouraient lui avait demandé pourquoi il ne se réjouissait pas de la fin de Svetivostok et du commencement du règne de Livadia.

Il avait répondu : « Je pleure qu'un jour le même sort advienne à Livadia. »

On y était. Dans quelques heures, les masses grouillantes de Russlaves viendraient, les submergeraient et raseraient jusqu'au sol la plus belle ville du monde.

Il se résigna à écrire son courrier de paix. Il l'adressa à une connaissance le général Golenichtchev, en espérant qu'il fut plus clément.

***

Sur le champ de bataille Golenichtchev avait mené hardiment ses troupes, écrasant la gauche livadienne. Cela lui avait valu un hochement de tête approbateur du Prince Klausburgski. Sa côte semblait remonter puisque c'est également lui qui avait remis le corps du Roi livadien à ses sujets terrés et apeurés comme des lapins dans leur terrier.

Il en était là de son service à la Russlavie qu'il reçut un message à son intention. Il émanait du haut commandement livadien, du général Kaljulaid qu'il connaissait vaguement suite à plusieurs kriegspiels.

Livadia demandait la paix, offrait des réparations, et demandait l'évacuation de son territoire.

Devant ses subordonnés, Golenichtchev déchira le papier. Voici ce qu'il en faisait des fausses promesses livadiennes. Il obéissait en cela aux ordres de Klausburgski mais il entendait réparer sa couardise passée par une férocité violente à l'égard de la thalassocratie. Il répéta ce qu'il ne cessait de dire depuis plusieurs jours :

- Ni paix, ni trêve avec ces gens-là ! Nous menons la troisième guerre d'Orient contre eux. Signer une paix, c'est en faire une quatrième dans six mois! Non, les Livadiens sont des traitres, des fourbes, des renégats qui ont trop longtemps abusé de notre bienveillance. Il faut délivrer la Russlavie de ce chancre qui empêche son rétablissement. Nous devons expulser tous les Livadiens, les éloigner en Sibérie ou au Kaukaze, raser leur maudite ville, saler cette terre ingrate, interdire jusqu'au au nom même de Livadia, et enfin, l'Orient et la Russlavie goûteront une paix de cent ans !

***

Klausburgski exigeait des Livadiens une capitulation sans condition. Trop souvent la paix avait été accordé, trop souvent elle avait été brisée par le Livadien parjure. Il fallait purger de la terre russlave, cette race maudite.

Le général Kalujeid, commandant les forces livadiennes, décida d'empêcher la mise en place du siège. La cavalerie livadienne fit une sortie, mu par l'énergie du désespoir. Elle s'écrasa sur les carrés de l'infanterie. Après un âpre combat de plusieurs heures, saignée à blanc, la cavalerie livadienne fut contrainte de sonner la retraite, et chercher son refuge derrière les inexpugnables remparts de la Ville.

Au soir du premier jour, Livadia était une ville assiégée. L'artillerie russlave pilonnait sur les fortifications avancées de la Ville. Au matin les canons se turent. L'ordre d'assaut fut donné. Les redoutes tombèrent les unes après les autres. Les faubourgs étaient à portée de baïonnette. Ils furent livrés le soir même aux bombes incendiaires de l'artillerie.

Au matin du deuxième jours, l'infanterie russlave partit à l'assaut des faubourgs. Au début de l'après-midi, après d'opiniâtre combat de rues, l'infanterie russlave tenait les quartiers à l'extérieur de la Ville. Le drapeau russlave s'élevait désormais à quelques mètre du dernier mur d'enceinte. A quatorze heures sapeurs russlaves vinrent à bout du mur d'enceinte. Les 71e, 72e, et 73e s'engouffrèrent dans la brèche. Accueillis par des tirs de mitrailles, les Livadiens repoussèrent les russlaves à deux puis trois reprises. La barricade de la porte Zaint Ambroize semblait inexpugnable. A chaque fois, le nombre des soldats livadiens s'épuisaient, à chaque fois les Russlaves revenait plus nombreux. Au soir du deuxième jour, les munitions vinrent à manquer.

Les combats du troisième jours reprirent avec plus de fureur encore que les premiers jours, au corps à corps. Chaque maison était un donjon. Les russlaves prirent pied trois heures durant, avant d'être repoussés.

Au matin du quatrième jour, Klausburgski sonna l'hallali. Le Régent, commandant suprême des armées, ordonna l'utilisation de gaz asphyxiant, afin de saper le moral de l'adversaire et de limiter les pertes humaines dans ses rangs. Ce fut le coup de grâce. La ville fut soudain submergé d'un épais nuage de fumée, s'attaquant au poumons et aux muqueuses, tuant indifféremment dans d'atroces souffrances civils et militaires.

Au cinquième jour, Livadia, exsangue capitulait sans condition ! La capitulation était acceptée. Klausburgski entendait faire de la Ville un exemple pour tous les royaumes sous la suzeraineté des Tsar tentés par la sédition. La Ville serait livrée à la subservation et son peuple félon condamné à l'exode.

***

La Ville sombrait dans le chaos et la mort. L'atmosphère était irrespirable, acide et l'horizon était orangée. Dans cette atmosphère surnaturelle, les Livadiens subissaient et survivaient ce qu'ils leur semblaient être la fin des temps. Le haut clocher de la cathédrale Zaint-Béozar sonnait toujours ses cloches, folles lueurs d'espérances ... ! mais au quatrième jour, un obus le percuta, il s'effondra et le silence se fit. On eut dit que même les Dieux avaient déserté la ville devenue maudite.

Dans son bunker, le général Kaljulaid, malade et désemparé commandait encore à des fantômes. Les Livadiens faisaient honneur à leur nom. Ces spectres se battaient et mourraient encore avec bravoure et les Russlaves n'avaient pas encore violé l'enceinte de la ville.

Au quatrième jour, Kaljulaid prit la seule décision qui valait. Il déposa la capitulation immédiate et sans conditions de la Ville. Le général en pleurait. Il savait qu'il condamnait les Livadiens à l'esclavage, lui-même à la mort et la Ville à la damnation mémorielle.

Les cosaques, assagis, défilèrent dans ce champ de ruines devant des habitants éberlués. Elle était prise la Ville qui avait prise tout l'Orient. Et puis, ce fut l'inverse, les orgueilleux livadiens furent couverts de chaînes et ils quittèrent leur ville. On les parqua dans un grand camp. Quelle misère ! Quelle misère de voir un peuple tomber aussi bas !

Kaljulaid signa la capitulation de la Ville. A ses côtés, le jeune et beau officier s’efforçait de rester digne. Il fallait que le vaincu soit digne du vainqueur. On prit connaissance de l'oukaze. L'histoire de Livadia s'achevait et ses enfants devenaient apatrides.

Le jeune et beau officier commenta entre ses dents : Ainsi donc les civilisations sont mortelles ...

***

Epilogue : Et puis l'Histoire, par l'un de ses caprices dont elle est familière, changea, et Livadia resta dans l'Histoire. Les Livadiens étaient vaincus, exilés, dépouillés, mais il avait encore l'essentiel : il avait un chef, un guide, un père, un Roi.

Lev Osterman-Ivanovitch fit son entrée dans la tente de la capitulation mais il fit aussi son entrée dans le monde. Depuis la mort de son père, Nikolai Ier, il était devenu Lev Ier.

Il vivait en Edoran, et c'est son aide de camp qui l'avait informé alors qu'il déjeunait. Il lui avait tout dit : l'orgueil démesuré de son père, les défaites, les rancunes et désirs de vengeance, son peuple prêt à disparaître. Lev n'avait pas même fini son assiette et était parti au secours des siens, prêt à faire son devoir aussi difficile fût-il.

Lev Ier avait pu rentrer dans la tente grâce au concours d'officiers russlaves amis. En arrivant, il vit les camps et il crut défaillir. Il venait à temps pour saisir les Livadiens alors qu'ils glissaient dans le néant.

Il s'avança vers les siens. Ceux-ci semblaient complètement anéantis. Avisant un jeune officier à l'uniforme déchiré qui le regardait intrigué, il lui dit:

- Je viens à vous en cet instant décisif. Je ne laisserai pas mon peuple partir à l'abîme. Je suis le premier fils de feu Nikolai Ier le Fondateur. Je suis votre père, je suis ton Roi.

Et le jeune officier pleura.

Des semaines plus tard, dans ce qui restait de la glorieuse flotte marchande Livadienne, deux cent mille exilés s'entassaient, suivant leur jeune prince qui leur promettait un avenir.

L'Exode avait commencé. Lev Ier avait décidé de prendre la route de la Nouvelle-Argentorate où il y avait déjà des réfugiés livadiens. Son cerveau bouillonnait. Avec l'argent du trésor, sauvé des flammes, on nourrirait ces gens, on leur bâtirait des maisons, on leur rendrait leur tranquilité.

Cette terre était à prendre. On y refondrait le Royaume. Une nouvelle ère commençait.

Soudain, une vigie annonça: Terre ! Terre ! Le mot se répandit comme un trainée de poudre d'équipage à passagers, de bateaux en bateaux.

Tous fixaient curieusement la masse sombre qui se découpait à l'horizon. Et Lev Ier, en proie à l'excitation, hurla pour lui-même ce qu'il ne cessait de répéter aux siens depuis des semaines.

- Mes Dieux merci ! Nous y sommes ! Nous avons toujours un avenir ... NOUS REFONDERONS LIVADIA !

La Ville avait été condamné à la damnation mémorielle. Son nom avait disparu des actes et des lèvres des Russlaves. Ce terrible châtiment l'avait propulsée dans les limbes de l'Histoire. Son territoire était désormais sous l'autorité de Bielnost et les ruines de la Ville achevaient de tomber en poussière. Seuls les petits animaux polaires de la faune sibérienne erraient parmi les quelques murs branlants, leur empreintes se mêlant à celles depuis longtemps effacés des vaniteux Livadiens qui avaient cru pouvoir dominer l'Orient.
Ici ne finit pas la geste des Livadiens


Dernière édition par Livadia le Mer 26 Juin 2019 - 22:51, édité 1 fois
Aleksander Reinsalu
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Bibliothèque Universitaire de l'Université Royale de Livadia  Empty Re: Bibliothèque Universitaire de l'Université Royale de Livadia

le Sam 8 Juin 2019 - 20:57
La conversion des Vieux-Livadiens , Lev Poromchenkine, 1976, Presses Universitaires de Livadia, 134 pages


Le Roi de Livadia n'était pas très pieux. Attaché à construire un empire avec les princes de la glaise, il restait l'un d'entre eux, et ne se tournait guère vers les dieux. D'origine zaxonne, égaré en terre russlave depuis deux siècles, il était resté malgré tout fidèle à la foi de ses aïeux, c'est-à-dire à la foi zorthodoxe.
Il en allait autrement de son épouse. D'origine russlave -et roturière- disait les mauvaises langues, elle s'était converti à la Zorthodoxie après son mariage plus par une dévotion d'épouse que vraiment religieuse. Pour autant, elle avait soif de comprendre, voire de croire.
Une rencontre avait bouleversée sa vie. Quelques semaines auparavant, un vieux moine, Conrad, chassé de Valdisky, après des décennies de méditation et de prières silencieuses, avait été accepté et reçu sur le territoire de la Ville. Protégé par le palais, il avait eu l'occasion de s'entretenir avec la reine.
Il avait aimé chez elle sa soif d'absolu, elle avait aimé chez lui sa foi intérieure rayonnante et sa tranquille sérénité et confiance envers les Dieux. C'est lui qui avait su lui dire qu'il ne fallait pas comprendre pour croire, mais plutôt croire pour comprendre.
Ludmilla avait eu une sorte de révélation, et avec ce vieux moine qui souriait encore malgré ses déconvenues, ils avaient résolu d'offrir aux Livadiens la possibilité de suivre ce qui était Vrai, Beau et Bon. Quelques semaines plus tard, on consacrait la première église zorthodoxe de la Ville. Un embryon d'intellectuels assistait déjà aux offices, et le moine avait demandé à son ordre des missions, des prédicateurs, des évangélisateurs.

***

Les campagnes livadiennes se ralliaient à la foi du maître et nombre de calvaires célébrant les missions évangélatrices s'y élevaient. Le petit catéchisme traduit en russlave par le moine Conrad y avait beaucoup de succès. En Ville, la foi nouvelle avait également de nombreux adeptes mais si les cathodoxes restaient majoritaires.

La Reine de Livadia était adorée par les fidèles zorthodoxes. Elle passait pour la protectrice de la Vraie Foi, et elle l'était. Aujourd'hui , elle était présente pour la consécration de grande église Saint-Bézoar face au Palais d'Été. L'édifice était grandiose en belles briques rouges de la région, une belle épitaphe sur son fronton proclamait " A la Sainte-Trinité, Livadia reconnaissante pour la grâce de la conversion."

Les cathodoxes grommelaient. Livadia allait-elle passer à l'hérésie ? Cependant, ils se rassuraient. Livadia et le Lazournaia se convertissaient mais c'était bien tout. Le reste des populations l'Orient restait fidèle à la foi de leurs pères.

***

La conversion de Livadia se poursuivait dans un enthousiasme mystique. L'intelligentsia était quasiment passé entièrement à la Zorthodoxie, et les masses suivaient. Tout les succès livadiens ne prouvaient-ils pas qu'ils faisaient le bon choix. Le miracle de ce gros bourg devenu thalassocratie ne promettait-il pas une destinée manifeste pour ce peuple. Chacun interprétait les succès de la Ville comme une protection divine accordé par les Dieux soucieux de soutenir un peuple dans le Vrai ?
Les livadiens étaient désormais majoritairement zorthodoxes. Assurément, certains resteraient cathodoxes; ils avaient déjà fomenté des émeutes et avait protesté contre le départ de l'évêque à Svetivostok, mais la reine les avait reçu et rassuré. Ils allaient conserver une entière liberté de culte et seraient regardé comme de bons Livadiens, mais désormais l'âme de la Ville était zorthodoxe: l'état allait se convertir.

***


Le Roi était rentré dans la Vile au milieu des joies de son peuple. On avait organisé un vrai triomphe comme chez les césars antiques. On célébrait l'indépendance et la paix gravé dans le marbre par le traité de Chemkhovo.
Nikolai avait gagné. Livadia avait gagné. Elle était nation et royaume reconnue à part entière. Enfin !
Le Roi s'avança jusqu'à la place du Lazournaia. Il s'inclina devant l'arc de triomphe, et se présenta tête nue devant l'église Saint-Bézoar. Le prêtre le bénit et une messe d'actions de grâce commença.
Nikolai fut frappé par la ferveur populaire zorthodoxe, et à l'issue de la cérémonie, il rentra au Palais, et reçut le clergé. Ses conseillers expliquèrent que quatre vingt dix pour cent des Livadiens suivaient désormais la Vrai Foi. On  comptait quarante églises zorthodoxes dans le Royaume et trois dont deux à Livadia, dévolues au culte cathodoxe. Nikolai fit une annonce pour le lendemain, qui fit le plus grand bonheur des hommes d'Église présent.
Après quoi, il monta rejoindre son épouse, et mit en route un troisième enfant.

Au lendemain, le Prince convoqua les représentants des principaux corps du Royaume et signa en leur présence un décret promis à la postérité.
Citation :

PRINCIPAUTÉ DE LIVADIA

                                                   
Décret numéro dix portant sur la religion d'État
 

Article 1er
Le culte zorthodoxe est religion d'État et profite de toutes les dispositions propres à cette situation.

Article 2
Cependant, le culte cathodoxe reste libre et l'église cathodoxe se voit garantie la propriété de ses biens.

Article 3
L'article quinze de la Constitution du Royaume est modifié comme suit :  Tout décret rendu par le roi peut être dénoncé au Conseil de la Ville de Livadia par un conseiller, 1° comme tendant à la réunion à l'Empire de Sainte-Russlavie; 2° comme contraire au caractère monarchique et zorthodoxe de l'État; 3° comme n'ayant pas été délibéré dans les formes prescrites par la constitution du Royaume, les règlements et les décrets ; 4° comme portant atteinte aux prérogatives de la dignité royale et à celles du Conseil de Ville de Livadia

Article 4
La Royaume adopte le 14 octobre comme jour de fête nationale annuelle

Donné à Livadia, le quinze octobre de l'année 2015.
Nikolaï Osterman-Ivanovitch
Roi de Livadia
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le Dim 16 Juin 2019 - 23:11
Vie de Zaint-Conrad de Livadia, Edgar Fichte, 1962, Presses Universitaires de Whilelstaufen, 74 pages




Zaint-Conrad de Livadia est né en Zaxe, à Zachzenbourg (aujourd'hui Iavoslav en Valdisky) le 10 juin 1843 sous le nom de Conrad-Johan von Zpitzberg. Il est issu d'une famille noble depuis le XVème siècle. Brillant et très versé dans les sciences profanes, il n'en est pas moins un élève dissipé, frondeur et viveur. A 25 ans, après une expérience mystique forte qu'il nommera « la nuit de la Grâce » ; il comprend que les Dieux l'appelle à une vie plus parfaite et il rentre en religion. Désireux d'être missionnaire, l'Eglise l'appelera à la vie monastique, et par obéissance il rejoindra l'Ordre des Prêcheurs.

Il mène une vie religieuse pendant plusieurs décennies de facon admirable, et l'exercice des vertus zorthodoxes édifie ses confères. Par ailleurs, il s'impose des pénitences extrêmement rudes, dormant sur des planches ou se nourrissant exclusivement de pain.

En 1913, les ennemis de l'Eglise s'emparent de la Zaxe et en chassent les prêcheurs de Zachzenburg. Le supérieur de son couvent accède alors à son voeu et l'autorise à partir en mission en Russlavie.

Sur l'invitation de la Reine Ludmilla Ière de Livadia, il gagne ce pays, et entrepend avec douceur et patience de convertir le coeur de cette reine qui n'avait adhéré à la Zorthodoxie que de façade. Les Dieux firent alors de Zaint-Conrad et de la reine Ludmilla leurs instruments de l'évangélisation de cette contrée restée jusque-là hermétique à la Vraie Foi.

Jusqu'à sa mort, il parcourut le Royaume de LIvadia et tout l'Orient russlave et prêcha le Zaint-Evangile auprès des populations cathodoxe.  Il exerca une fascination extraordinaire sur tous ceux qui l'approchèrnt et sa grande charité fit que les gens le surnommèrent le « saint moine » malgré ses protestations.

En 1915, le Roi de Livadia entérine la conversion de son peuple et la Vraie Foi devient religion d'Etat. Quelques jours plus tard, le zaint moine est rappelé au Dieux.

Il a été béatifié le 17 décembre 1943 et canonisé le 16 octobre 1959. Ses reliques sont pieusement conservés à la basilique Zaint-Conrad de Livadia. Il est le zaint patron des Livadiens, des Zaxons, et des mères de famille.

L'iconographie populaire le représente grand, mince, austère, avec son sac pour l'aumône parfois accompagné de la reine Ludmilla.
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le Mar 25 Juin 2019 - 17:48
La conquête de la Nouvelle-Argentorate, Edgar Puskats, 1982, Presses Universitaires de Livadia, 274 pages




Livadia n"est plus dans Livadia, Livadia est où vit son peuple - Lev Ier


L'Histoire a retenu la date  du 1er juin 1918 comme celle du commencement du second temps de la civilisation livadienne, celui où après avoir été au bord de l'anéantissement, elle sut renaître en Nouvelle-Argentorate grâce à l'extraordinaire détermination de Lev Ier. Aujourd'hui, il n'est pas un écolier livadien qui ignore cette date du 1er juin 1918 qui marque l'arrivée en Nouvelle-Argentorate des Livadiens, la fin de l'Exode et le début de la Colonisation.

C'est oublier un peu vite qu'au soir de cette date fatidique les Livadiens n'ont pas du tout la sensation d'entrer dans une nouvelle période historique. Affamés, épuisés, jetés sur une terre qu'ils ne connaissent point, ils se laissent mener comme des moutons jusqu'à Reuves, gros bourg argenois, qui leur offre l'abri sommaire des camps de réfugiés, camps qui durent rappeler à nombre d'entre eux ceux de Sivérie où ils avaient été retenus captifs.

C'est le général von Ramenau, arrivé quelques mois auparavant, qui avait été en charge de préparer la réception de ses compatriotes. L'arrivée des siens et la vision de leur dénuement l'a terriblement marqué. "J'ai mené moi-même quantité de ses malheureux jusqu'à Reval, je n'oublierais jamais les mains tordues des mères, la maigreur des enfants, et le si faible nombre d'hommes. Un instant, j'ai pensé qu'ils devaient être dans un autre convoi, puis je me suis souvenu de leur terrible destin; la plupart d'entre eux reposaient en Lazournaïa."

Lev Ier a tenu à faire le voyage avec les siens. En arrivant à Reuves, il est reçu par la notabilité locale, un peu effrayée par le flot de réfugiés.

On sait peu de choses sur l'état d'esprit des Argenois de souche d'antan. Combien sont-ils ? Quelques dizaines de milliers tout au plus. Combien d'entre eux ont perçu que ces misérables exilés deviendraient vite les maîtres de l'île ?

Pendant six mois, les Livadiens restent à Reuves, qui deviendra rapidement Reval. On part alors au plus pressé. On défriche des terres pour se nourrir, le trésor royale est dilapidé pour fournir tout ce qui manque et les marchands avarois et aldarnorins connaissaient alors une période faste de leur histoire. Un décret royal fonde la ville de Nouvelle-Livadia dans l'indifférence générale. Lev Ier lui-même avouera signer ce décret sans trop y croire, son énergie est alors entièrement consacré à relever les siens, à donner à son peuple encore traumatisés les conditions de sa rémission.

Six mois plus tard, les débris de la grande Armée Livadienne explorent l'île. Ils parviennent jusqu'aux monts argenois et livrent quelques escarmouches contre ces robustes montagnards. Bientôt, Lev Ier réalise assez vite l'état d'esprit des locaux. Ils regardent avec suspicion ces exilés qui les ont numériquement submergés. Reval leur a été prise et l'orgueil et la morgue des Livadiens agacent les chefs de guerre qui ne voient en eux que des vaincus, de surcroît fuyards.

Lev Ier fonde une armée et revoilà le LIV régiment, bientôt renommées Gardes Livadiennes. A quelques kilomètres du site encore vierge de la Nouvelle-Livadia, elles remportent la victoire de Cervole sur les chefs de guerre locaux. Victoire difficile et ponctuée de massacres. Néanmois, les Livadiens restent dans une position d'attente jusqu'au milieu de l'année 1920. Des négociations de paix s'ouvrent, c'est que les Livadiens de l'époque n'imaginent pas encore qu'ils doivent conquérir toute l'île. Celles-ci n'aboutissent jamais et la guerre reprend. Toutes les tribus argenoises ou presque répondent à l'appel du chef de guerre Alain de Lalon.

Lev Ier doit donc lever une armée et conquérir tout l'île. Il confessera dans ses Mémoires. << Je me suis senti Nikolaï Ier. Les circonstances dans lesquelles je dus me battre me rappelant étrangement celles de la Première Guerre d'Orient. Je fis donc la guerre contre mauvaise fortune, bon cœur, décidé enfin à refonder mon Royaume. C'est à Cervole que je compris que je pourrais sauver mon peuple en lui offrant de rebâtir la patrie.>>

Le 12 décembre 1919, quatre mille Livadiens étrillent huit mille Argenois. C'est la bataille de Minois. La première bataille où les Livadiens crièrent à nouveau le cri de la victoire : Plus Ultra ! La maîtrise tactique des chefs et la supériorité matérielle des Livadiens expliquent leur victoire, les massacres qui s'en sont ensuivi l'ont grandement ternie. Comment l'expliquer ? On a parlé de la rage des Livadiens qui après tant d'épreuves ont exorcisé leurs démons dans ces crimes terribles. Toujours est-il que Lev Ier réagit promptement. Vingt-sept soldats sont mis à mort dont le grand général von Rammenau. Cette décision royale n'est guère comprise à l'époque et Minois devint presque une défaite dans l'imaginaire collectif livadien.

C'est que Lev Ier, avant les siens, a compris qu'après la guerre, il faudrait faire la paix et vivre avec les Argenois. Qu'ils étaient appelés à devenir eux aussi Livadiens. Que la Nouvelle-Livadia ne pouvait naître sur un charnier.

Il n'y eut plus de massacres. Aujourd'hui, les descendants de la bataille de Minois vivent côte à côte en paix, ne se voyant les uns les autres que comme des frères. Voici encore un legs extraordinaire de Lev Ier le Père.

Le Lazournaïa conquis, les Livadiens s'enhardissent vers les monts argenois. Les tribus qui les habitent sont soumises les unes après les autres. Il y a encore des violences certes, mais elles restent mesurées. Les Argenois sont faits livadiens, protégés par la volonté royale qui s'exprime notamment dans la Constitution.

Le 1er juin 1920, les Gardes Livadiens présentent la terre et l'eau à leur souverain, offrande symbolique signifiant que toute la terre de Nouvelle-Argentorate est désormais Sienne. Treize jours plus tard, Lev Ier épouse Maria de Lalon, fille de son ennemi.

Le fils du général von Rameneau, celui-là même qui avaient accueilli les exilés livadiens et que le Roi avait fait fusiller, écrivit dans son journal : << Le 14 juin 1920 : Livadia renaît vraiment. >>
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le Dim 15 Mar 2020 - 18:33
Les coups de main livadiens de 1916 en Valdisky, Jürgen Keipedas, 2020, Presses Universitaires de Livadia, 274 pages (publié inachevé à titre posthume)


Malmener les merksistes est une délicieuse gourmandise. - Nikolaï Ier


Le Royaume de Livadia était en paix. Bien gouverné, il prospérait. Qu'il semblait le loin le temps de la menace merksiste, valdisk ou édoranaise !
C'est effectivement ce à quoi songeait le Roi en lisant les rapports internationaux sur la Valdisky. Le pays était en proie à la déliquescence la plus totale. Le gouvernement central était aux abonnés absents et la populace survivait péniblement. La preuve songea Nikolai que le merksisme était une faillite complète.
Mais ce n'était pas aux merksistes que Nikolai songeait. C'était à leurs entrepôts d'armes …

***

Les Valdisks s'étaient préparés à une guerre contre les puissances monarchistes et capitalistes qui n'était jamais venue. Des entrepôts entiers étaient plein d'armes: pistolets, fusils, pistolet-mitrailleur, munitions, lance-flammes, lances-grenades… Il n'y avait qu'à se baisser pour les récupérer. Nikolai ne songeait pas à ses armes pour sa modeste armée. Elle était bien équipée. Il songeait plutôt à les revendre. Sorabes, Krasslandais, Nôddiens, rebelles de tous les pays seraient ses clients tout trouvés. Hé mes dieux, que de dividendes pour la Ville !

Mais ce qui faisait rêver davantage le Roi, c'était les navires de guerre valdisks. La flotte marchande était conséquente, mais toute thalassocratie digne de ce nom devait posséder une flotte militaire digne de ce nom. Croiseurs, destroyers, frégates, patrouilleurs n'attendaient que de passer sous pavillon livadien. Et enfin, Livadia serait la maîtresse de la mer du Nord…

Aussi, au soir du 28, deux patrouilleurs, le NML 14 octobre et le NML Ventspils ainsi qu'une frégate la NML Ludmilla, soit la totalité de la flotte livadienne se mirent à naviguer vers Valgograd. A bord, le Roi était présent, accompagné du VII régiment prêt à délester les Valdisks de leurs armes, et accompagné de dizaines d'équipes de navigation, prête à hisser pavillon livadien sur les navires valdisks.

La mer était calme et huileuse. La lune se reflétait à la surface. Au loin, on apercevait Valgograd. Au bastingage, Nikolaï rêvait. Pas de Valdisks aux commandes des défenses navales du port, pas de signal sur les radars, pas de navires hostiles dans les parages, pas d'ONA dans ce secteur. Valgograd était quasiment une terre grise. Ce que la ville semblait triste ainsi dans la pénombre …

Le NML Ludmilla rentra dans le port. Un éclat de lune laissa devenir une grande superstructure sur laquelle brillait une série de canons. Le Roi du Nord eut un sourire...
***

En fait, il y avait eu du monde sur le quai pour accueillir les Livadiens. Des badauds et quelques soldats. Quelques tirs des fusiliers-marins depuis la passerelle les chassèrent.

Grâce au services de renseignements, on savait où étaient les arsenaux les mieux fournis. On dépêcha des équipes de reconnaissance vers ceux-ci. Ils furent retardés par quelques éléments hostiles appartenant à une vague "milice viölettiste de la République de Valgograd." On bombarda au canon la ville et les Gardes Livadiennes attaquèrent le palais de ce pouvoir auto-proclamé. On massacra allégrement les membres dépassés de cet état-croupion et toute résistance organisée cessa.

On ouvrit donc les arsenaux. C'était un véritable trésor. Une nouvelle caverne d'Ali Baba. Armes, munitions et obus patientaient là, soigneusement ordonnées et rangées par la pointilleuse bureaucratie merksiste. Des habitants furent réquisitionnés de force, on saisit des véhicules et le transvasement commença. Il dura une deux nuits et un jour. La tâche fut rude, et plus d'un Valdisk s'écroula à la tâche, mais qu'importe, l'on pouvait mobiliser tous les pauvres bougres de cette ville s'il le fallait.

Au petit matin, les cales des navires livadiens ainsi que de plusieurs croiseurs étaient pleines à craquer. Le butin de plusieurs tonnes était considérable. On avait récupéré près de cent vingt mille fusils, cinquante mille pistolets, plusieurs millions de cartouches, quatre-vingt obusiers et des milliers d'obus. Il fallait ajouter à cela des containers entiers d'équipements militaires divers et variés.

Mais la plus belle prise de Nikolaî était les navires… Les Livadiens rentraient avec deux croiseurs et trois corvettes valdisks. On s'empressa de les débaptiser pour leur rendre des noms plus livadiens. Les croiseurs devinrent le NML Krasnovosk, le NML Conrad, et les corvettes les NML Yalta, Ivanovitch et Livadiski. Les autres bateaux furent minés et coulés, Nikolaï ne se tenait plus de joie, il possédait désormais la première flotte de la Mer du Nord !

Au soir du deuxième jour, les Livadiens relâchèrent leurs captifs. On quitta la ville après avoir exécuté les commissaires politiques locaux. Valgograd respira. Les Livadiens partaient.

***

La nouvelle de l’action livadienne remonta jusqu’à Murasibirsk par le bais des redoutables agents de l’Okhrana dont une cellule avait suivi la sortie de la flottille du roi et une autre avait observé son pillage de Valgograd. Ce raid osé plut beaucoup aux occupants du Palais Samsonov et à ceux, murmurait-on, du Palais des Terems.

Mais même si toute occasion de malmener les merkistes était une délicieuse gourmandise pour le Conseil Impérial, il n’en restait pas moins que la Russlavie devait maintenir une façade de nation attachée aux conventions diplomatiques. Un communiqué fut ainsi envoyé à Livadia rappelant que l’article 9 du traité de Cheremkhovo requerrait le feu vert russlave avant un engagement martial de la cité-état. Le ton était neutre, tout juste de quoi faire bonne figure si l’affaire était apportée devant un organisme international. Ivanovitch comprendra.

L’escapade avait en attendant permis au gouvernement russlave d’évaluer la réactivité de l'ectoplasme déclinant qu’était le Valdisky. Après tout, les tsars d’antan lorgnèrent souvent sur un accès aux rives du Lac de Centuryon. Peut-être bien que l’opportunité se présenterait tantôt.
***

C'est à la capitainerie de Livadia que le Roi eut vent de la missive gouvernementale russlave. Nikolaï comprit fort bien le double message. Le gouvernement lui intimait un léger rappel à l'ordre mais de fait, il avait réalisé qu'il avait sous la main un vassal audacieux susceptible de mener des opérations contestables et délicates, sans que la Russlavie soit formellement impliquée.

Aussi, le Roi s'excusa de sa négligence, mettant celle-ci sur le compte de ses services. Personne n'était dupe mais les apparences étaient sauves. Il jura que l'on ne le reprendrait plus, et expédia à Gornograd un croiseur valdisk en guise de gage de bonne conduite.
***

Le monde semblait sens dessus dessous. Toutes les chancelleries du micromonde nord se battaient à coup de communiqués, de motions, d'amendements etc.

Le Roi de Livadia était à des années lumières de ses conflits d’intérêts subtiles. Il ne voyait qu'une chose. Personne ne s'opposerait à ses entreprises guerrières. Il avait les mains complètement libres. Il n'y avait rien entre lui et les richesses de la Valdisky. Déjà, les armes préalablement récupérés partaient contre une grasse rémunération aux rebelles syldaviens ou centuryonnais. Il était grand temps de gonfler l'offre.

Aussi, la flotte livadienne renforcée et bien armée mit le cap vers la Valdisky. Cette fois-ci, les vaisseaux étaient au nombre de six. Le navire-amiral, le NML Ludmilla émit en cours de route un message pour le gouvernement russlave.

Il était question de l'article 9 du traité de Cheremkhovo et de l'autorisation russlave pour permettre aux Livadiens de déployer des moyens militaire hors de leur frontière. Le Roi expliquait avec ce ton diplomatique, qu'il entendait explorer et enquêter sur la déliquescence de l'état valdisk.

Une réponse était attendue.
***

Le réseau télégraphique fraichement reconstruit permit à la réponse – positive, naturellement - d’arriver avec toute la rapidité attendue. Mais le gouvernement russlave ne se contenta pas de donner son agrément : il mandata qu’un détachement naval en provenance de Svetivostok effectue une série de rondes dans la Mer du Nord. Les navires devront s’assurer qu’aucune entité hostile ne vienne prendre le port de Livadia en revers ou encore ne s’approche de la flottille royale. Un beau prétexte pour que les vaisseaux de confection édoranaise se dégourdissent la quille.



Ici s'arrête le travail de l'auteur, assassiné par l'engeance merksiste, l'éternel ennemi de Livadia.
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